Pont en Royans, porte du Vercors /
Les Trésors d'hier et d'aujourd'hui

Les Trésors d'hier et d'aujourd'hui

UN PORTE DU REMPART ET UNE TOUR DE GUET

Voir l'image en grandOui, on la franchit, car c'est d'abord une porte dans le rempart ancien de la ville. La voûte est en arc brisé (ogival), très ancien sans doute, et on devine l'emplacement des gonds de porte.

Cette porte est surmontée d'une meurtrière, une fente étroite et verticale à l'extérieur, mais plus évasée à l'intérieur, permettant de tirer à l'arc (à l'arbalète, à l'arquebuse?) sur ceux qui s'approchent de la porte.
C'est donc une tour de guet, pour surveiller la campagne.

Car il n'y avait alors pas de maisons au-delà de la porte ! Jadis, cette porte était donc enserrée dans un mur de rempart. Puis des maisons se sont adossées au rempart, perçant peu à peu des fenêtres.

Aujourd'hui, les maisons accolées vers le bas ont disparu (on les connait par un dessin du grenoblois Diodore Rahoult, et par une photo ancienne).

Les 'pieds' ou montants qui renforcent le mur de ce côté sont donc bien plus récents que la tour elle-même.

UNE TOUR AVEC UNE HORLOGE ET UN PÉAGE

Voir l'image en grandCette porte est appelée « de l'Horloge » car une horloge y est connue depuis très longtemps. On voit notamment qu'un « conducteur de l'horloge » y est affecté en 1724, année où le bâtiment subit des réparations.

C'est au passage de la tour, ou tout à côté, qu'on payait les taxes de passage : par bœuf, cheval, mouton, marchandises transportées. Même les prisonniers de passage étaient taxés ! Cela dura jusqu'à la révolution, laquelle inventa d'autres taxes. Le percepteur de cette « taxe du pont » s'appelait un pontannier.

Dans la langue du pays, on a parlé de « poutagne ». Et la rue qui monte à la tour fut longtemps appelée rue de Poutagne. On parlait aussi de quartier pontannier ou «Portagniez ». Tout cela fit qu'un beau jour, on inventa le mot de « Porte Agnès » nom qu'on donna à une autre porte, celle du bourg supérieur !
L'Histoire a de ces fantaisies surprenantes. Depuis longtemps, la rue de Poutagne s'appelle Rue du Temple, pour évoquer un temple protestant, qui avait déjà disparu vers 1685.

LA TOUR DE L'HORLOGE

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Elle en a des choses à raconter, notre « Tour de l'Horloge » !

Faisons connaissance : c'est celle qu'on franchit quand on a monté les rues médiévales (en escaliers).

C'était aussi une tour d'alerte : on a longtemps appelé de là les pompiers, en cas d'incendie.


Suivant le nombre de coups donnée par la cloche nichée dans le joli clocheton, on pouvait savoir dans quel quartier se situait le danger ; et la population accourait pour aider les hommes du feu.


Avec des seaux : il n'y avait que trois fontaines pour tout le village en 1877.

UNE TOUR DÉCOIFFÉE

Voir l'image en grandEn juillet 1944, la tour a souffert durant une journée de bombardements du bourg par l'aviation allemande. Une maison voisine a été touchée, et toute la toiture a été soufflée. La cloche, installée en 1740 et classée à l'inventaire des monuments historiques en 1912, est tombée en bas de la tour, en morceaux.
On a évacué également le mécanisme de l'horloge et les deux cadrans. On possède encore le boulet de contrepoids.

À la reconstruction, on a prévu un clocheton un peu plus large que jadis : on y abrita une sirène électrique à quatre pavillons directionnels. Mais on ne l'entend plus : les pompiers ont des moyens de contact plus modernes.

On ne connaît pourtant pas bien les matériaux et les étapes de construction de la tour : on n'a pas fait de rapport d'étude au moment du recrépissage des années 1950. La tour a été réparée dans sa partie haute, en modifiant un peu les fenêtres. On a ainsi créé une meurtrière du côté de l'intérieur du bourg, ce qui n'est pas logique !

Il y a longtemps que la tour a perdu sa fonction de porte de rempart. Des maisons avaient été bâties 'hors les murs', le long de la rue de l'Horloge.
Des échoppes, sur la route d'accès au bourg. On décida donc un jour de déplacer les remparts plus bas, au pied de cette rue. Une nouvelle porte fut bâtie, dont il reste une grosse pilastre : la Porte de France. Depuis, le bourg s'est encore largement étendu, au XIXe (aux lieux-dits le Château, les Priolées, les Vignes) et au XXe siècle (les lotissements du Paradis).

Il y a au total six portes dans le bourg : la porte du bourg supérieur ou Porte Agnès, la porte de France, la porte de l'Horloge, la porte de Bourne sont encore visibles. La porte du Merle et la porte de Villeneuve sont à peine perceptibles. Mais il y avait aussi des portes donnant accès au « Breuil », près de l'église, et disparues. Le livret de la ballade patrimoniale du bourg est disponible à l'Office du tourisme.

Le quartier de Villeneuve

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La Bourne

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La Porte du Merle

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Une maison suspendue

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